Stages longue durée

Sophie, stagiaire longue durée 2018/2019 :

La rencontre avec Gina s’est faite à l’occasion d’un stage d’équi-attah en juillet 2017. Au détour d’une conversation, j’ai appris qu’elle accueillait des stagiaires longues durée pendant l’année scolaire. Moins d’un mois plus tard, je m’engageais pour l’année 2018-2019.

Mais pourquoi elle ?

J’ai appris l’équitation aux côtés de poneys attachés 24h/24, qui mordaient, ruaient et enchainaient les cours pendant des heures. Je suis aujourd’hui propriétaire notamment d’un cheval de 18 ans qui a beaucoup souffert à cause des humains qui ‘savaient’. Le chemin parcourut a donc été long et je cherche aujourd’hui une approche qui prend en compte l’humain et le cheval et surtout, surtout, qui ne se voile pas la face par un discours pseudo éthologique ou anthropomorphique.

La rencontre avec Gina m’a donné envie d’approfondir, à ses côtés, la manière dont elle envisage l’équitation. J’ai donc déménagé, mes équidés et moi-même, pour un total dépaysement.

Là-bas, les journées étaient rythmées par une mise en jambe via le ramassage des crottins, l’observation du travail personnel de Gina, la séance quotidienne avec mon cheval ou un des siens et éventuellement, l’observation de ses cours. J’ai également participé à des stages avec des intervenants extérieurs, des demi-journées de stage en groupe avec Gina, etc. En bref, pas le temps de s’ennuyer.

Le souvenir depuis mon retour est la présence quotidienne de la lumière (vu de la Belgique, ce n’est pas difficile…), mais surtout, plein de souvenirs de sensations simples, mais tout simplement exceptionnelles.

Comment expliquer la sensation extraordinaire de mon cheval, impossible à ralentir, qui propose une foulée lente et ample au trot. Comment expliquer ces bulles de lumière qui éclatent lorsque j’ai ressenti le mécanisme du départ au galop à partir du pas sur le dos de Bussy. En bref, ce stage se vit, plus qu’il ne se raconte, ce que je souhaite à tous les passionnés en chemin avec les chevaux.

Aujourd’hui, j’ai matière à travailler mon cheval tant au sol que sur son dos, en extérieur ou dans le rectangle d’une piste. Mon cheval se porte également mieux qu’avant son séjour en France, je peux détecter chez les personnes que j’accompagne des freins posturaux et leur donner quelques conseils simples qui les transforment, je vois les chevaux évoluer plus légèrement, leur posture s’améliore.

En conclusion, je me suis promis, ainsi qu’à ma tribu, de continuer à faire de mon mieux pour continuer à apprendre afin d’être au plus juste avec eux. Je pense que c’est le moins que je doive faire.

 

Mélanie, élève en stage durant 9 mois aux Écuries de Berlion :

« Comment résumer 9 mois passés auprès de Gina ? Peut-être par le mot métamorphose ! Métamorphose autant de mon cheval (Léo, hongre de 20 ans, croisé Arabe x Trotteur) que de moi-même, en tant que personne et que cavalière…

Je suis arrivée sans aucune notion de dressage de légèreté. J’avais bien sûr suivi des cours de « dressage » ou de « plat » dans des clubs mais je n’entendais jamais les mêmes conseils, les mêmes utilisations des aides et je n’adhérais pas avec ce que j’avais pu voir et tester. J’avais délaissé ce travail et m’étais focalisée sur les séances à pied et l’extérieur.

Je sentais que Léo était très sensible et qu’il réagissait au moindre changement dans mon corps, même ceux involontaires. J’attendais donc d’avoir un regard extérieur, professionnel et bienveillant pour découvrir le dressage. Je sentais aussi que cela pouvait plaire à Léo.

J’ai donc traversé la France (en partie à cheval) pour me rendre chez Gina. Je devais rester deux ou trois mois, je suis restée 9 mois. Et j’aurais aimé rester beaucoup plus.

Au départ, j’ai passé beaucoup de temps à pied et sur Léo, avec un tapis de monte à cru, pour « simplement » travailler mon regard panoramique et pour être dans le moment présent, dans le rythme, dans la respiration, pour m’ancrer plus profondément

J’avais mes amies au téléphone qui me demandaient ce que je faisais. Je répondais : « du pas ». En souriant. Car il ne s’agissait pas simplement de marcher au pas à côté ou sur mon cheval. Mais bien d’être en communion ensemble.

Ces fondations où je me sentais ancrée, dans le même rythme que Léo, disponible, zen et dans le moment présent, avec une respiration fluide et communicative peuvent paraître longues à mettre en place. Elles sont indispensables et finalement négligeables (et agréables) dans une vie de cavalière ou dans la vie du couple cavalier-cheval.

Gina m’a également changé ma posture à cheval. Au départ, cela tirait (je pense notamment les psoas), et je devais me forcer ou me corriger régulièrement car je revenais à mes anciens réflexes ou postures. Petit à petit, en montant chaque jour, même quelques minutes, cette posture « debout à cheval » est devenue naturelle et celle où je me sens bien, efficace, en équilibre, non gênante pour ma monture…

Je ne saurais expliquer précisément l’évolution. Cela s’est fait petit à petit, naturellement. Avec des petites séances, tous les jours ou deux fois par jour, en alternant travail en longe, aux longues rênes, en liberté, monté… mon cheval s’est transformé physiquement et émotionnellement. C’était impressionnant : comme pour le Pilates ou le yoga chez l’humain, avec des petites séances et un travail juste, les muscles se transforment en profondeur. Nous avons travaillé sur le rythme, la rectitude, puis le travail de deux pistes.

J’ai appris à voir et à sentir, à comprendre aussi (ce qui est indispensable pour moi). Les cours particuliers, l’écoute de Gina, sa bienveillance, sa prise en compte de l’unicité de chaque personne et chaque cheval nous ont permis une progression que je ne pouvais imaginer avant.

Je suis sortie plusieurs fois du manège, émue par tout ce que me donnait Léo et par les progrès accomplis. Attentif, bonne élève, voulant toujours bien faire, m’attendant quand j’en avais besoin, il s’est montré incroyablement doué et sensible.

Entre chaque cours (un ou deux par semaine), je pouvais expérimenter en autonomie. Ce rythme où je pouvais parler de mes difficultés avec Gina, avoir son regard extérieur et ses corrections, ressentir le mouvement juste, découvrir de nouveaux exercices mais également rechercher de nouveau le bon mouvement, seule, expérimenter, tester m’a paru le meilleur.

Souvent bloquée par le regard extérieur (même s’il est bienveillant et sans aucun jugement), j’ai progressé également grâce à ces moments où j’expérimentais seule. Mais sans Gina, sans son accompagnement, nous n’aurions pu autant évoluer.

Cette période chez Gina a été une parenthèse dans ma vie, une immersion dans une bulle où nous étions toutes sur la même longueur d’onde, avec Sophie, stagiaire longue durée, et d’autres cavalières qui venaient régulièrement aux écuries. Ainsi, chaque conversation, que ce soit sur la technique équestre, les chevaux, les relations humaines, les choix de vie, etc. était enrichissante.

J’ai enfin trouvé la professionnelle dont j’apprécie la philosophie de vie, la technique équestre, la pédagogie… Gina nous a apporté énormément et je ne saurais assez la remercier.

Il y a véritablement un avant et un après. Un après que j’espère continuer à construire avec Gina, plus ponctuellement car elle est à plusieurs heures de route de chez moi mais comme le dit l’expression « Quand on aime, on ne compte pas ». Et j’aime qui elle est, j’aime ce qu’elle enseigne, j’aime ce qu’elle m’apporte.

Merci encore à Gina et tout son entourage pour leur accueil. J’ai fait partie d’une chouette « famille » pendant ces 9 mois.

Il est donc difficile pour moi de raconter sans écrire un livre entier, car bien plus que de la technique équestre, j’ai évolué sur tous les plans et j’ai trouvé de vrais amis. Léo et moi sommes repartis transformés. »

 

 

Lola, stagiaire longue durée 2017/2018 aux Écuries de Berlion :

« C’est à l’autre bout du monde, dans un pays merveilleux que l’on nomme le Chili, que j’ai fait la connaissance de Gina… Je travaillais dans un centre de tourisme équestre là-bas et Sandra, la directrice, proposait des stages à ses élèves pour qu’ils puissent se perfectionner à cheval. Elle avait invité Gina Pitti, enseignante d’équitation dans la Drome en France, à donner des cours pendant deux semaines.

J’ai pu moi aussi participé à ce stage, j’ai alors découvert une nouvelle équitation qui correspondait totalement à mes attentes. Nous nous sommes très bien entendues et avons beaucoup discuté. C’est là que j’ai appris qu’elle accueillait des stagiaires longue durée dans son écurie.

A peine rentré du Chili, je contactais Gina pour postuler comme stagiaire chez elle. Il s’est avéré qu’elle était ravie de ma proposition et qu’elle a accepté́ immédiatement. L’été passé, j’entrais donc dans ses écuries pour dix mois.

Ce fut un énorme tournant dans ma vie personnelle comme professionnelle. Je n’avais jamais rencontré auparavant une personne qui souhaite transmettre son savoir avec sincérité et bienveillance.C’était aussi la première fois que je rencontrais des chevaux pleins d’envies et heureux d’être chez eux. Ils étaient épanouis, joyeux et ils communiquaient entre eux mais aussi avec nous. Je me suis rendu compte que je connaissais très peu les chevaux. Je n’avais jamais appris à les écouter et à les comprendre.

On m’avait toujours enseigné cette relation de domination de l’homme envers l’animal. Mais Gina m’a montré qu’il n’y a pas plus belle relation entre un cheval et un cavalier quand ils travaillent ensemble.

« Le cheval est le miroir de l’homme » cette phrase a pris tout son sens cette année-là. Ce sont les chevaux qui m’ont permis de me remettre en question, ils me disaient très clairement si je n’allais pas bien, s’ils ne comprenaient pas ce que je leur demandais ou si au contraire on était totalement connecté et qu’on avançait bien ensemble.

Gina était là pour nous servir de guide, pour nous traduire ce que le cheval essayait de nous expliquer, pour nous pousser à̀ dépasser nos limites et ne jamais abandonner.

Comme Nuno Oliveira le disais si bien : « L’écuyer, c’est celui qui a dressé beaucoup de chevaux, celui qui a passé des heures et des années sur le dos des chevaux en méditant et en s’enrichissant de connaissances qu’il essaie de transmettre de son mieux. L’écuyer c’est celui qui sait rester simple et qui, par son honnêteté professionnelle, aura fait de son élève un ami. »

Cet écuyer, pour moi, c’est Gina Pitti. Elle m’a fait retrouver le goût et les valeurs des choses simples. En plus de m’avoir transmis une partie de son savoir équestre, elle m’a enseigné le respect de la nature, des animaux mais aussi trouver la beauté et la bonté envers chaque chose, humaine ou matérielle.

Aujourd’hui, à chaque doute, à chaque « erreur » ou incompréhension lorsque je travaille un cheval, la première chose qui me vient à l’esprit c’est : « Que ferait Gina », « Que m’a-t-elle enseigné ? » Puis vient cette pensée : « mais que ferais-tu, toi, maintenant ? c’est toi qui es en face de ce cheval et il ne te comprend pas. Alors je refais les gestes dans ma tête, j’essaye de visualiser le moment présent.

Le cheval est en train de communiquer avec moi en me montrant qu’il ne comprend pas ce que je lui demande. Je me pose, je l’écoute et puis on recommence, simplement en se connectant l’un à l’autre et là ça fonctionne.

Cet instant me semble magique mais il est bien réel, j’ai réussi à communiquer avec cet animal imposant, parfois impressionnant mais doué d’une sensibilité et d’une générosité que l’on a souvent du mal à regarder. Alors il suffit de proposer, d’oser, d’y mettre l’intention et surtout d’y croire.

Gina me répétait souvent de sourire lors de mes séances à cheval. Cela libère des endorphines qui provoque une sensation de bien-être pour le cheval comme pour nous. L’atmosphère se détend, s’apaise et la joie de travailler avec cet animal redevient quelque chose de naturel et non une « obligation » de vouloir réussir à tout pris ce que je mettais fixer pour la séance.

Il faut savoir revenir en arrière, se remettre en question pour avancer bien plus vite le lendemain. Finalement, si nous souhaitons éduquer les chevaux c’est pour leur bien. Pour qu’ils puissent nous portez sans se faire mal, pour qu’ils s’épanouissent à nos côtés et qu’ils soient heureux de vivre leur vie de cheval apprivoisé.

Alors merci Gina ne m’avoir transmis une partie de ton savoir, merci pour ta patience, ton honnêteté, ta pédagogie, ta bienveillance, ta sagesse, …

Merci aussi à Léa ma super « collègue-stagiaire » qui m’a rendu plus humble, plus performante dans mon travail et donner la joie de vivre au quotidien.

Ces dix mois m’auront permis de croire en moi, de progresser, de me poser les bonnes questions et de trouver des réponses. J’ai appris à̀ chercher des solutions, communiquer et à écouter les chevaux. Je repars de ce stage avec des bonnes bases de basse école et une volonté́ encore plus grande de réussir, de me former sans cesse. »

 

Léa, stagiaire longue durée 2017/2018 aux Écuries de Berlion :

« Mon témoignage porte sur une expérience de vie, la rencontre de deux êtres, le couple cavalier / cheval, puis une rencontre avec le monde du vivant.

Lors de mon arrivée chez Gina, j’avais peur des chevaux, je ne connaissais rien du monde équestre, Pour tout dire, j’avais tout à découvrir alors que j’étais habitée par un désir ardent.

Lorsque l’homme rencontre le cheval, il est un cavalier face à un cheval. Ils sont deux.

Le comportement du cavalier se reflète visiblement sur le cheval. Ce que j’ai vécu c’est que certains « savoir-être » (énervement, inconstance, imprévisibilité, inconséquence, peur, absence à soi et à l’instant présent…) maintiennent la distance et la dualité entre le cheval et le cavalier, la relation ne fonctionne pas. D’autres « savoir-être » tendent à créer un lien tel, que le cheval et le cavalier sont unis dans leur singularité.

Gina a su m’amener dans cette pratique en douceur. Elle m’a permis, par un usage répété d’outils concrets et de pratiques, à développer le « savoir-être » indispensable au pré -requis fondamentaux de la pratique équestre.  Nous avons commencé à travailler les chevaux à pied pendants 2 mois. Le but : travailler notre posture à pied puis à cheval, pilier de l’apprentissage.

Pour cela, j’ai dû réaliser un travail intérieur qui m’a profondément « ancré » : « Le savoir-être » pour que la relation fonctionne : présence, respiration, décontraction, calme, patience, persévérance, écoute, bienveillance, disponibilité, la puissance de l’intention, l’observation, l’analyse, la constance (neutralité mais surtout stabilité émotionnelle, pas d’affect.)

Pour cette harmonie l’homme devient juste, bon et respectueux, étonnant !  Lors du travail de l’assiette, si l’on parvient à se détendre, à ressentir, à lâcher prise en se laissant guider par le cheval, il est alors magique de sentir que dès que notre position devient stable et équilibrée, elle a un effet décontractant sur le cheval qui se place dans le rythme qui lui est propre. Le lien se crée et on a la sensation de ne former qu’un.

Pour observer il faut savoir ce que l’on doit voir.

J’ai eu des cours théoriques pour comprendre la motricité, l’anatomie du cheval ainsi que de la connaissance biomécanique. Ces connaissances permettent de comprendre l’intérêt des différents exercices pour le cheval, chaque cheval réagissant différemment aux mêmes pratiques. C’est toujours le cheval qui nous dit si notre façon de travailler est juste dans l’instant présent. Il faut aiguiser un œil observateur pour réadapter son travail en conséquence, se repositionner sans arrêt.

L’objectif : développer le cheval de façon harmonieuse d’un point de vue physique, afin qu’il soit bien dans sa tête et bien dans son corps.

Tout au long de l’année, la variété des activités, la mise en pratique des outils que nous a enseigné Gina rendent le cheval et le cavalier polyvalent, nous permette d’avoir de l’aisance de la réactivité dans n’importe quelle situation.

Il m’est arrivé souvent d’entendre Gina nous dire : Il faut essayer, se tromper, et apprendre de nos erreurs car elles sont toujours enrichissantes.

Dans la vie on rencontre parfois des sages qui donnent des clés, le cheval en est un, il conjugue au présent la force et l’humilité. Ces êtres silencieux sont des révélateurs : nous obligeant à oublier notre ego, ils nous renseignent sur ce que nous portons au plus profond de nous. Le cheval porte sur nous un regard sans jugement, sans prétention, il nous permet tout simplement d’être.

Gina est une passeuse. Une enseignante qui nous donne de réels outils.  Elle m’a ouvert les yeux sur un chemin de vie possible.

J’ai rencontré une demoiselle hors du commun, Lola, qui a su me guider dans mes incompréhensions. Une chouette nénette qui m’a appris par le biais de notre complémentarité.

Tous ces travaux m’ont permis de m’ancrer, de m’accepter, de m’affirmer et de prendre confiance en moi. Une année forte en émotion et en découvertes permanentes.

J’ai découvert que la puissance du cheval nous impose un comportement que l’on devrait avoir dans le relationnel avec tous les êtres vivants… Notre famille, nos amis, nos animaux de compagnies ou ceux que l’on rencontre dans la vie sauvage. Il nous l’impose car hors de ces savoir-être il peut devenir incontrôlable et donc dangereux.

Notre plus grand ennemi dans notre relation à soi, aux autres, c’est notre construction mentale qui nous a fait perdre une part d’innocence et de confiance dans la vie et dans les autres.

Un grand merci à Gina Pitti et tous ses compagnons de vie, à Lola, à ces rencontres… »

 

Coline Gavard, stagiaire (10 mois) aux Écuries de Berlion :

« Je suis arrivée au Berlion aux côtés de Rio en cherchant à mieux connaître les chevaux, et surtout à comprendre comment mêler travail et bien être du cheval.

Nous nous sommes tout de suite sentis chez nous avec mon petit cheval blond en arrivant chez Gina, qui est toujours en recherche et qui met un point d’honneur à respecter les besoins et la nature profonde de chaque cheval.

Rio s’est installé dans cette ambiance comme s’il y avait toujours vécu, ce qui n’était pas évident pour un petit cheval qui n’avait jamais voyagé ni changé de décor.

En 10 mois au Berlion, j’ai avancé autant au niveau personnel qu’au niveau équestre. Rio a changé, il a pris confiance en lui, m’a révélé des qualités que je ne lui soupçonnais pas. De mon côté, j’ai réalisé l’implication et la constance que demandait le fait d’être cavalier, mais j’ai surtout trouvé un véritable intérêt au dressage, confirmant qu’il pouvait bénéficier au cheval et le rendre vif, souple et volontaire. C’est, à mon sens, ce qui justifie tous les efforts du cavalier et mon séjour aux écuries m’a permis de le clarifier.

J’ai pu être témoin de l’efficacité d’une approche holistique du cheval, et voir enfin des chevaux “athlètes heureux”, bien dans leur corps et leur esprit.

Je remercie Gina de m’avoir prouvé que mes intuitions de l’époque étaient fondées et que le travail et le plaisir du cheval ne sont pas antinomiques si l’on ose sortir des carcans des méthodes toutes faites.

Je suis repartie changée, des idées et des envies plein la tête, avec la volonté de progresser encore et de revenir régulièrement aux écuries. Et bien sûr avec un cheval changé également, confiant, expressif et plein d’une vivacité nouvelle qu’un dressage bien mené lui a permis révéler au grand jour. »

Coline Gavard, le 29/12/2015

 

Histoires de stagiaires

temoignages-vicomte-laetitia-1

temoignages-Vicomte-laetitia-2

temoignages-Vicomte-Laetitia-3

L’histoire de Vicomte et Laetitia

Ou l’exemple d’une élève investie, réfléchie et consciencieuse avec son cheval…

J’ai la chance, dans ma vie professionnelle, de rencontrer des personnalités diverses et variées, des couples cavaliers-chevaux atypiques, des plus discrets, des travailleurs et besogneux, des paniqués, des rêveurs, etc… Pour lesquels je dois adapter mon enseignement et ma pédagogie, pour qu’ils puissent se comprendre et se faire comprendre, quelques soient les disciplines pratiquées.
Beaucoup d’élèves, recherchent des solutions au travers différentes méthodes. Je n’ai pas de jugement sur une méthode ou une autre tant que la personne qui la pratique n’y inclut aucune intention de violence, de peur, de colère, d’incompréhension.
Mon but étant d’autonomiser mes élèves dans leur propre démarche, et de les diriger vers le chemin qui est le leur, en utilisant les outils les plus simples possibles. Le fait de les amener vers une véritable solidité qui pourra sécuriser leur cheval dans toutes les situations, est une priorité avant tout autre acte.

Le cas de Laetitia et Vicomte n’est pas original et c’est justement pour cela qu’il en est un exemple.

Laetitia a acheté son cheval après son sevrage, dans son élevage natal. De belles origines de dressage, une constitution intéressante, une robe bai foncé luisante, bref, un joli rêve de jeune femme qui se réalise.
Le cheval grandit, il est accompagné d’un congénère, vit au pré, sa propriétaire s’en occupe quotidiennement, il est suivi régulièrement par un veto, maréchal ou pareur, dentiste équin, osteo, etc.. Et Laetitia patiente tranquillement jusqu’à ses 5 ans pour le débourrage, qu’elle fait elle-même, en prenant son temps car elle n’est pas pressée, elle veut bien faire les choses. Tout est là pour que ce cheval puisse être bien dans sa peau et dans sa tête.

Mais, car il y a un MAIS…

L’été dernier, Vicomte présente des signes d’agressivité, d’agacements, il est instable et peu patient. Il développe des formes de sarcoïdes sous l’encolure et une cheloïde grosse comme un ballon de handball sur le jarret gauche.
Laetitia s’inquiète, elle fait tout ce qui est en son pouvoir pour changer la donne, véto, éthologie, soins en médecines parallèles mais rien n’y fait. Au contraire.

Elle vient donc faire un stage de 5 jours à la maison, en raison d’une séance par jour.

La première séance était évidemment volcanique, le cheval était en colère, très en colère avec une nature susceptible… Il ne voulait clairement pas rentrer en communication avec nous. Il était paniqué, cherchait les autres chevaux, si je l’approchais, il mordait et s’enfuyait. Le message était clair, l’humain n’était pas la sécurité.
Il a accepté de me suivre au bout de 3/4h. J’ai pu lui mettre son licol et m’apercevoir qu’il avait plusieurs zones de fortes chaleurs sur le chanfrein et sur la nuque, là ou passait son licol corde… J’ai donc demandé à Laetitia de lui mettre un licol plat. Et le travail de remise en confiance à pu commencer.

En quelques jours, Laetitia qui était désemparée, donc peu rassurante pour son cheval, s’est prise en charge, elle a travaillé pour rester calme et constante dans toutes les situations. Être ferme sans agacements ni colère, sans juger son manque de savoir et d’expérience, et surtout ne pas culpabiliser de cette situation. Elle a compris que ce n’était pas cela, la clé du succès!

Évidemment, Rome ne s’est pas fait en un jour, mais les progrès de ce couple cavalier-cheval étaient présents quotidiennement.

Vicomte a repris confiance peu à peu, il est devenu plus calme, s’est remis à manger, acceptait le mors sans problème, n’ayant pas de mauvais souvenirs du poids du cavalier, il n’avait pas de problème à être monté, mais la mémoire de la douleur du licol corde était encore présente.
Au 5eme jour, il ne bougeait plus lorsqu’on approchait la main de son chanfrein. Laetitia et Vicomte sont donc partis à la fin du stage avec une nette amélioration mais encore très fragile pour les deux. Nous restons en contact et Laetitia vient prendre des cours réguliers avec mes chevaux. Elle me tient donc au courant de leur évolution positive, avec des doutes et des questionnements mais du mieux.

Elle revient donc, quelques mois plus tard pour un stage de 15 jours, et là, je ne peux que constater les énormes progrès de ce couple cavalier-cheval. Vicomte est toujours d’une nature inquiète mais son stress redescend dès lors que sa propriétaire le raisonne, par son calme et sa tranquillité.
Nous avons pu avancer sur ses problèmes d’équilibre à pied, qui engendraient des problèmes de comportement par la suite (précipitation), nous avons pu travailler sur son problème d’équilibre monté ainsi qu’aux trois allures, à la précision des demandes de la cavalière ainsi qu’à la qualité de son assiette. Autant dire, les problèmes de n’importe quel cheval !

J’ai pu constater à quel point Laetitia se prenait en charge, n’attendant pas que je sois derrière elle constamment pour oser des choses, observant les réponses de son cheval et modifiant ses demandes en fonction, bref, elle devenait autonome et je reprenais un rôle d’enseignante d’équitation au lieu d’éducatrice équine (ou plutôt humaine face aux équins).

Je suis évidemment très fière d’avoir pu les guider sur ce chemin, mais surtout de les voir partir confiants et sereins.

Aujourd’hui, les sarcoïdes de Vicomte se détachent, sa chéloïde est en train de sécher et de diminuer, Laetitia s’écoute lorsqu’elle rencontre une difficulté avec son cheval. Elle observe la situation et trouve la solution elle-même, en restant calme et constante.

J’ai eu de nombreux cas comme celui-ci mais l’histoire de Vicomte et Laetitia est pour moi un exemple de patience et persévérance. Je suis certaine que d’autres cavaliers propriétaires se reconnaîtront à travers cette histoire et qu’elle les encouragera à prendre leur responsabilité face à leur chevaux, sans jugement, ni envers leur cheval, ni envers eux-même, en s’adaptant au rythme de chacun et à leurs propres capacités.

Laetitia m’a confié, récemment, qu’elle avait eu des retours de personnes proches d’elle, qui étaient agréablement surprises du calme et de la complicité qui régnait entre son cheval et elle… De belles envolées équestres se dévoilent donc pour eux à l’horizon…

Gina Pitti.